Vous ressourcez-vous seule-e ou en compagnie ?

Vous ressourcez-vous seule-e ou en compagnie ?

Introversion ou extraversionD’expérience, ce facteur ‘social’ est un levier capital pour préserver et accroitre son énergie. Du moment où l’on est conscient de son fonctionnement.

On parle de tendance à l’extraversion (littéralement ‘tourné vers l’extérieur’) ou à l’introversion.

Attention, ces termes ont dans le langage courant une connotation ‘timide’ ou ‘sociable’, qui sont des raccourcis erronés ! Les personnes ayant des difficultés de socialisation sont probablement de tendance fortement introvertie (expression parfois résumée par ‘introverti’ dans la suite du texte), mais l’inverse n’est pas vrai : beaucoup de personne à tendance introvertie sont très sociables, et les extravertis peuvent être calmes et solitaires par moments.

Introversion ou extraversion ?

Ces termes décrivent en fait la façon dont chacun – selon sa tendance – se ressource. Une personne introvertie a besoin de temps seule. Cela peut être pour une période plus ou moins longue, et elle peut être très sociable par ailleurs. Mais pour recharger ses batteries, elle a besoin de s’isoler. A l’inverse, la personne à tendance extravertie a besoin de monde autour d’elle pour se ressourcer. Elle peut tout à fait bien vivre des moments de solitude, mais aura à un moment ou un autre un besoin pressant d’être entourée. C’est ainsi qu’elle se retrouve. Bien sûr, tout le monde a besoin des deux. Ce sont les proportions qui varient d’une personne à l’autre.

En société, les introvertis sont plus à l’aise en petit comité et les extravertis en groupe, même grand.

L’introversion moins reconnue

Culturellement, l’extraversion est davantage valorisée. C’est donc en général les introvertis qui ont du mal à reconnaitre et affirmer, sainement, leur besoin de solitude choisie. Surtout pendant l’enfance ou l’adolescence : les extravertis, souvent entourés d’un groupe ou d’une bande, sont perçus comme plus ‘cool’ ; les introvertis peuvent être taxés de timide, de ‘sans ami’, se sentir différents ou seul-e. A l’âge adulte, c’est plus subtil.

Répondre ou ignorer son besoin

Dans les deux cas, répondre à son besoin va ressourcer une personne. Au contraire : ignorer son besoin va faire baisser son humeur, voire entrainer un sentiment de déprime, d’énervement, de malaise.

L’ignorance d’un besoin cause une baisse d’énergie. On note alors l’apparition de ‘symptômes’ allant de la mélancolie à la déprime, l’irritabilité ou le doute. On peut ne pas s’en rendre compte avant un moment. Mieux vaut donc être conscient de sa ‘tendance’ (plus ou moins marquée) et apprendre à repérer ses ‘symptômes’ de baisse d’énergie les plus courants.

Témoignage

Pour ma part, je suis introvertie, ayant en l’occurrence été une enfant extrêmement timide. En tant qu’adulte, j’ai souvent besoin de temps seule pour me retrouver, je suis plus facilement à l’écoute de mes besoins en étant seule, et si je suis sans arrêt entourée pendant une période prolongée, je deviens froide, distance, impatiente et fébrile. Je suis aussi plus à l’aise dans une discussion ‘face-à-face’ avec une personne, qu’au milieu d’un groupe.

Pour autant, je mets de plus en plus les relations humaines au cœur de ma vie, et pour autant que ce soit des relations ‘élevées’, basées sur un échange positif ; je vis les moments d’échange comme extrêmement ressourçants, même en groupe. J’ai par exemple, à plusieurs reprises, encadré des équipes de plusieurs dizaines de personnes dans le cadre d’un événement ou donné des conférences, et ces moments ont été pour moi exceptionnels ! Toutefois, ce que je vis le plus intensément sont les échanges ‘1-1’ avec les personnes de l’équipe/assemblée plutôt le groupe dans son ensemble, et après un tel moment, je suis à la fois euphorique et vidée. J’ai alors besoin d’un bon moment de calme et de solitude pour me retrouver et intégrer toute la richesse des échanges que j’ai eus, assimilé ce que j’ai vécu, et être prête à recommencer.

Et vous ?…

Et vous, comment vous ressourcez-vous ? Quelles sont les situations dans lesquelles vous vous sentez ‘comme un poisson dans l’eau’ ou celles où vous sentez votre humeur baisser ? Quels ‘signes’ pouvez-vous identifier qui vous aide à l’avenir à répondre plus rapidement et efficacement à votre besoin de solitude ou celui d’être entouré ?

« Cessez d’être gentil, soyez vrai », T. d’Ansembourg

« Cessez d’être gentil, soyez vrai », T. d’Ansembourg

Aujourd’hui, je commence une nouvelle série d’articles sous la forme de fiches de lecture. Une synthèse d’ouvrages qui ont été importants dans mon évolution. La lecture de ces fiches ne remplace pas la lecture de l’ouvrage mais elle peut soit donner envie, soit aider à en tirer l’essentiel après la lecture. Le livre du jour : Cessez d’être gentil, soyez vrai. Un livre de T. d’Ansembourg. Et vous qu’en avez-vous appris ?

Cessez d’être gentil, soyez vrai

Cessez d'être gentil, soyez vraiTout d’abord, T. d’Ansembourg a défini que nous réagissons toujours à quelque chose, à une situation (1. observation). Cette situation suscite en nous un sentiment (2). Ce sentiment correspond à un besoin (3) qui nous invite à formuler une demande (4).

Notre bonheur / notre bien-être vient avant tout de « comment nous vivons notre relation avec les êtres, les activités et les choses ».

Une vie intérieure méconnue

« La violence intériorisée ou extériorisée résulte d’un manque de vocabulaire : elle est l’expression d’une frustration qui n’a pas trouvé les mots pour se dire. »

Enfant, on ne nous a pas appris à parler de notre vie intérieure. Ainsi, nous apprenons à faire ce qu’on nous dit et, de ce fait, nous sommes davantage à l’écoute des besoins des autres que des nôtres… que nous ne savons pas nommer. Par conséquent, ce manque entraîne timidité, doutes, difficulté à prendre des décisions.

Ecouter ses besoins est souvent perçu comme de l’égocentrisme, du nombrilisme.

Ainsi, on constate que c’est essentiellement le mental qui est la cible de l’éducation, et non le coeur.

  • nous jugeons sur des aspects extérieurs (« la pointe de l’iceberg ») et développons des croyances généralisantes ; par exemple : les politiciens sont tous corrompus
  • nous pensons souvent selon un système binaire noir/blanc ; ex: « si je prends soin des autres, je m’oublie, et si je prends soin de moi, je me coupe des autres »

Lorsque nous manquons de vocabulaire pour identifier, nommer des sentiments/émotions et ne savons pas quoi en faire, nous en trouvons un responsable à l’extérieur : les parents, le conjoint, les collègues, l’Etat,…

Nous attendons, également, que les autres viennent satisfaire nos besoins spontanément, en devinant ce qui nous ferait plaisir, alors que nous aurions bien de la peine à nommer nous-mêmes notre besoin.

En apprenant à être plus à l’écoute des besoins des autres que des nôtres, nous croyons être plus ou moins responsable du bien-être de l’autre et plus ou moins responsable du nôtre.

>>> Développer le vocabulaire des sentiments

Imposer faute de mieux

« Souvent, faute de reconnaitre nos besoins et les exprimer de façon négociable, nous utilisons la peur, la culpabilité ou la honte pour obtenir ce que nous voulons. » (p.96)

Quand nous ne nous écoutons pas, quand nous n’avons pas conscience des spécificités de nos besoins, nous n’écoutons pas non plus ceux des autres. C’est alors que nous leur imposons des choses en s’étonnant qu’ils s’y opposent.

Tant que nous n’avons pas conscience de nos besoins, nous avons peu d’aisance pour en parler, et encore moins pour les négocier avec l’autre. De sorte que nous imposons nos solutions ou nous nous soumettons à celles de l’autre. Nous sommes alors dépendants, n’agissons pas complètement par goût de donner, de contribuer, de partager, mais par peur de perdre, de manquer, d’être perdu.

>>> Partager, transmettre, échanger nos valeurs sans soumettre, ni se soumettre.

>>> Vis-à-vis des enfants: donner du sens, reconnaître les besoins. Ecouter simplement plutôt que vouloir faire quelque chose: conseil, morale,… (cf. empathie).

>>> Faire des demandes formulées positivement: personne n’aime être empêché de faire quelque chose, nous aimons mieux être invité à le faire.

>>> Faire les choses qui nous font plaisir et non par sens du devoir, auquel cas notre frustration s’exprimera forcément sur quelqu’un d’autre, la qualité de notre travail et à la fin, sur notre bien-être.

Se libérer de l’interprétation qui mène au jugement, à l’accusation

  1. observer, dire les faits
  2. exprimer le sentiment généré
  3. identifier le besoin sous-jacent
  4. faire une demande pour satisfaire le besoin non rempli
  • être réellement entendu par l’autre (qui aurait « fuit » devant une accusation)
  • se libérer des scenarii de victime et donc de dépendance à l’autre

Souvent, nos phrases commençant par « je sens » ou « je me sens » contiennent en fait une interprétation ou un jugement. Exemple: « je sens que tu ne m’aimes pas ». Au contraire, il serait utile de préférer des formulations telles que : « je me sens troublé par ton silence » (observation).

Sentiments et besoins

  • Lorsque nos sentiments sont agréables à vivre : nos besoins sont satisfaits
  • Si nos sentiments sont désagréables à vivre : nos besoins ne sont pas satisfaits

Le besoin n’est ni le désir, ni l’envie. « J’ai besoin de… » pas égal à « j’ai besoin que tu… ».

Nos besoins ont davantage besoin d’être reconnus que satisfaits. Par exemple : il peut être bénéfique de reconnaitre d’avoir besoin de repos, sans forcément le satisfaire tout de suite, mais on est en mesure de faire un choix, de prioriser nos besoins. Un besoin non-identifié génère de l’inconfort.

Les sentiments teintés d’interprétation (abandonné, nul, écrasé, rejeté) sont des sensations qui nous permettent d’être à l’écoute du vrai sentiment qui habite derrière.

Le besoin d’affection, d’amour peut-être rempli dans ses relations avec ses proches et aussi par le son d’une musique qu’on aime, le contact de la nature,…

  • Accueillir un besoin, le laisser s’installer dans son cœur.
  • Quand la souffrance survient, il convient de l’explorer, d’y entrer pleinement, sans fuire ou s’activer pour la mettre de côté. Elle est une occasion de grandir, d’en apprendre plus sur le sens de notre vie.
  • Décoder les « il faut », « je dois » pour identifier le besoin sous-jacent ; idem avec les priorités derrière les « je n’ai pas le temps », « je n’ai pas le choix » ; idem pour la valeur qui se cache derrière chaque règle: en comprendre le sens aide à accepter la règle.
  • Mettre l’humain au centre, le sens de ce que l’on fait et la sensation d’exister, avec intensité
  • Cultiver la gratitude pour tous ses besoins comblés (hygiène de la conscience)

L’empathie

Souvent, devant la souffrance de l’autre, nous cherchons à faire « la bonne chose » ou avoir « la bonne parole » au lieu d’être simplement présent.

  • écouter, sans agir (ni prodiguer de conseil, ni parler de son expérience)
  • porter notre attention sur les sentiments et les besoins
  • refléter les sentiments et les besoins de l’autre (reformulation,…) pour l’aider à en prendre conscience

La colère

La colère est un signal annonçant qu’un besoin important n’est pas rempli. C’est la raison pour laquelle ce signal doit être pris au sérieux et la colère exprimée pour ne pas la laisser moisir et se transformer en « mine » prête à exploser à tout moment.

« La colère est un signal très précieux puisqu’il indique beaucoup de vitalité en nous et en l’autre. »

« Plus vous serez conscient de votre propre colère, plus vous serez disponible pour écouter celle de l’autre. »

« Accueillir et aimer notre propre vulnérabilité nous rend disponible pour accueillir et aimer celle de l’autre. »

A télécharger : fiche de lecture – Cessez d’être gentil, soyez vrai

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