vue de Berne depuis le bord de l'AarCa y est, je l’ai! Après moult calculs, je me suis décidée et acheté l’abonnement général CFF. Ce précieux sésame offre une liberté absolue dans tous les transports publics en Suisse.

Nomadisme?

Le nomadisme, ça peut être beaucoup de choses, du voyage permanent, sac au dos au dos… à quoi? Quelle est la limite entre le nomadisme et la sédentarité? Après mon départ de Genève et deux petits mois passés à la Chaux-de-Fonds, mon arrivée à Neuchâtel où j’envisage de rester au moins 6 mois, fait office de sédentarisation.

Changer de lieu sans arrêt, c’est un bel idéal, mais cela demande une énergie considérable pour trouver de quoi se loger, se déplacer,… s’adapter sans cesse à un nouvel environnement. Dans ma situation de nomade professionnelle en cours de création d’entreprise, j’ai besoin de consacrer du temps et de l’énergie au développement de mon activité, en plus de mon intégration dans une nouvelle ville. Le voyage permanent, ce sera pour plus tard, quand j’aurais installé et automatisé la base de mon entreprise. Du coup, comment rester « nomade », privilégier la découverte, tout en posant ses bagages?

Eh bien, rayonner, voyager sur de courtes distances, travailler dans un train, dans un café, privilégier l’efficience pour se donner le temps de la découverte. Pour cela, en outre en Suisse, rien de mieux que la liberté absolue d’utiliser les transports publics.

Me voilà donc partie pour une première journée de vadrouille, carnet de note dans le sac (pas l’ordinateur cette fois-ci), direction…où? Le premier train qui passe vers une destination permettant 30-60 minutes de travail. Depuis Neuchâtel, j’ai opté pour Berne – une demi-heure en « regio express ».

Les trains suisses, toujours à l’heure ou presque

La liberté oui, et aussi le charme des petits imprévus des transports… Le train est annoncé, puis quelques minutes après une voix retentit à nouveau: « Le train aura un retard d’environ 8 minutes, un changement d’affectation du personnel de dernière minute en est la cause. » … pas banal! Encore 2 minutes après, on nous annonce un retard indéterminé, le train étant immobilisé dans une gare précédente. Du coup, je me dis « après tout, je n’ai pas absolument besoin d’aller à Berne ». Je descends sous les voies, regarde les prochains départs, opte pour Fribourg, mais le train part avant que j’arrive sur le quai. Je bifurque vers la voie 7, train pour Bienne, encore une minute avant le départ. Les portes ne s’ouvrent pas. Je tente plusieurs portes, et au bout d’une minutes, le train part…sans moi. Y a-t-il un message là derrière?

Je vois les gens s’activer au pied du quai du train pour Berne. Entre temps, un train vide a été amené à quai. Finalement on pourra y monter, il partira et arrivera à Berne avec un retard de 19 minutes, étant encore resté immobilisé en gare de Kerzers pendant 10 bonnes minutes. Ca m’aura laissé le temps d’écrire. Comme quoi, ce genre de choses n’arrivent pas seulement quand on est pressé!

Entre Berne et la Chaux-de-Fonds

Balade à Berne, entre circuit classique de la vieille ville jusqu’à la fosse aux ours, puis retour par le bord de l’Aar et les petites rues.rue de la vieille ville de Berne

Une heure après, de retour à la gare, je prends le premier train qui part en direction de Neuchâtel, en l’occurrence le « régional » pour Bienne. Il s’arrête partout, mais j’arrive à la même heure que si j’avais attendu le « direct » à Berne. Passer manger à la maison, puis repartir pour la ligne désormais familière de la Chaux-de-Fonds. Encore 25 minutes de concentration. Pour l’opportunisme météorologique ce n’était toutefois pas une réussite, car il faisait meilleur temps à Neuchâtel qu’à La Tchaux. Le coup du beau temps en altitude, ça ne marche pas à tous les coups.

Une première étape de vadrouilles régulières à la découverte de la Suisse, alternant avec le confort d’un lieu de vie et de travail fixe.