En juillet, je me suis lancé un défi : manger « santé » pendant 21 jours, dans l’idée de modifier durablement mes habitudes, prévenir des soucis de santé, augmenter mon énergie,…

J’ai commencé par faire toute une recherche, prenant en compte les aspects suivants :

  • équilibre acide-base
  • indice glycémique (pour perdre du poids et préserver la paroi des mes intestins)
  • micro-nutriments
  • chrononutrition (combinaison des aliments et répartition dans la journée)
  • et bien sûr, la recherche du plaisir, la stimulation de ma créativité,…

Ensuite, j’ai modifié ma liste de courses. En inventoriant un certain nombre d’aliments « bons pour tout », j’ai augmenté largement la part de légumes et de fruits dans mes achats, afin d’en avoir toujours suffisamment à disposition, ainsi que des amandes, olives, fines herbes et autres aliments que j’adore et qui peuvent être consommés sans modération (toutes proportions gardées). J’ai remplacé certains produits par d’autres ; par exemple : le thon par des sardines, le pain par des biscottes Wasa, les produits laitiers (crème, gruyère) par du fromage de chèvre ou de brebis frais, du sérac et occasionnellement du lait de coco.

J’ai fait de mes premières courses « saines » un moment ludique où j’explorais de nouveaux rayons, essayais de nouveaux produits.

Au niveau des recettes, je me fais plaisir en jouant avec les couleurs, les textures et les goûts : légumes crus en petits dés ajoutés après la cuisson, épices (curcuma entre autres), pousses d’oignon, brocoli, etc., amandes effilées, olives, graines,…. La betterave, la carotte et l’épinard gagnent à être mangés crus et ils ont d’ailleurs de superbes couleurs qui rendent le plat attrayant. Je découvre de nouveaux légumes, de nouvelles techniques (rajouter l’huile d’olive après la cuisson sans quoi il devient « toxique », comme pour le jus de citron qui perd sa vitamine C sous l’action de la chaleur).

Ce qui dans un premier temps était un challenge, voire un jeu, est devenu assez vite un nouveau monde de vie, avec un changement de paradigme : je suis passée du mode « je mange essentiellement pour le plaisir gustatif » à « je mange avant tout pour apporter à mon corps ce qui lui fait du bien, et ça me fait plaisir ».

A partir de là, je ne me suis jamais privée. Certains aliments ne me font même plus envie. Pour d’autres, comme la pizza, j’aime toujours bien, mais je me suis rendu compte à quel point je manque d’énergie après un tel repas et donc, à moins d’en manger une part avec une salade, j’évite, car je me sens tellement mieux autrement.

Quand j’ai envie de pâtes (ça m’est arrivé 3-4 fois en 2 mois, alors qu’avant c’était quotidien), j’en mange à base de farine de blé dur complet et en quantité modérée (avec des légumes) ; quand j’ai envie d’une sauce (aussi 2 fois en 2 mois), je fais un curry doux à base de lait de coco. Et quand je suis dehors ou en vacances avec mes beaux-enfants, j’essaie de faire au mieux, mais je n’ai aucun problème à manger une grosse glace pour le goûter. La plupart du temps, ce sont les plats les plus sains qui me font envie. Se sentir plein d’énergie et bien dans son corps garantit de ne plus avoir envie de retomber dans certaines pratiques.

Je pense qu’il y a une explication « physiologique » simple à ce changement radical sans contrainte : en effet la consommation d’aliments à haut indice glycémique (féculents, produits raffinés, pain, sucreries, alcool et certains légumes : courges, carottes cuites,…) entraine un pic d’insuline dans le sang. Ce pic, en somme une anomalie dans le système, génère peu après un creux (rééquilibrage). Ce creux glycémique est interprété par le corps comme de la faim, mais c’est une fausse faim. Résultat : plus on consomme d’aliments à haut indice glycémique, plus on a vite faim. J’ai moi-même été très surprise de constater que j’avais moins vite faim après une salade qu’après une assiette de pâtes. En plus, je dirais que la sensation de faim est différente : par exemple, un soir, j’ai mangé une pizza. Le lendemain matin, j’avais une faim désagréable, dévorante, de celle qui donne envie de se caler le ventre avec quelque chose de costaud. Quand je mange plus léger, la faim vient plus progressivement et elle est beaucoup plus supportable. Dans le cas de ma faim « post-pizza », je me suis incitée à manger une pomme (alors qu’avant je me serais fait des pâtes) et ça a immédiatement calmé ma faim.

Au bilan après 2 mois : j’ai changé le contenu de mes armoires, je suis enthousiaste de faire des courses pleines de produits sains et de couleurs, j’ai inventé plein de nouvelles recettes, je me fais plaisir et je n’hésite pas à faire des exceptions (un peu de produits laitiers, de café, de blé, de viande, d’alcool (vin), ça va très bien, c’est surtout une question de fréquence et de quantité). Je n’ai plus de coup de barre en début d’après-midi. En plus, ce n’était pas un but en soi, mais ça fait plaisir de me sentir plus légère : j’ai perdu passé 4 kilos.

Je me sens toujours épicurienne (ce qui m’a retenu pendant longtemps de manger plus sain), mais je le vis différemment : c’est avant tout une question de créativité, d’écouter mes envies, de faire des plats savoureux, appétissants, colorés, parfumés, variés. Et quand il me prend des envies d’abondance, je me fais une énorme salade, pleine de bonnes choses (saines) et je la mange directement dans le saladier.

Plaisir ultime : je me sens ré accordée avec mes valeurs, avec mon développement personnel et suis fière de contribuer chaque jour à prévenir de futurs problèmes de santé (tous les maux sont en lien avec l’alimentation) et de ne pas avoir attendu d’en avoir pour agir.

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